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Le Lycosthenes un chantier européen

vendredi 7 juin 2002, par Equipe du Lycosthenes

Actes du colloque international de Bordeaux, septembre 1992

Actes du colloque international de Bordeaux, septembre 1992

Les Apophthegmes (1) constituent dans les Oeuvres morales de Plutarque une partie vivante et attractive, puisque nous y trouvons les réparties des Anciens - Roys, Capitaines, Philosophes, dans les situations les plus diversifiées. Dès le XV ième siècle Filelfe, puis au XVI ième s. Budé, Erasme, répandront ces faits et dits, et le succès ne se démentira plus... La liste des éditions d’ Apophthegmes est impressionnante. Compilations, genre mineur, penserons-nous. Gare à l’anachronisme : ces compilations se disséminent dans tout le public cultivé et visent même, on le verra avec Budé, à une institution morale des grands de ce monde. Un flash-back vertigineux s’impose à nous : il nous faut éliminer près de 4 siècles de profusion littéraire pour accéder à 1560, et surtout nous départir de nos critères de crédibilité. Sans ces compilations, sans ces auteurs anonymes ou inconnus ou à peine connus d’une poignée de spécialistes, nous n’aurions pas les Essais de Michel de Montaigne, qui, selon, Villey a en mains un recueil d’apophtegmes. (2)

Le Lycosthenes est un ouvrage erasmien, en latin, qui, de fait, nous arrive de Bâle, autant d’éléments qui corroborent le caractère européen, que nous avons développé dans notre article de la revue Europe - Le Lycosthenes, Montaigne et l’Europe. Nous vous y renvoyons. Nous nous attacherons ici à dégager par des exemples précis relevant des sources massives, par exemple Amyot, ou infinétisimales, ce caractère de chantier - que fait ce scripteur ? - et de chantier européen - français, mais aussi italien, allemand, anglais, espagnol. L ’ Europe, ce petit cap de l’Asie fixant l’ El-Dorado, est là, dans ce Lycosthenes avec son scripteur, éclatée et cohérente, faite et à faire, comme aujourd’hui, mais à coup sûr, alors, d’inspiration socratique et évangélique, donc universelle, et mythique, aussi, comme l’ Europe de rêve que Jupiter enlève pour une amour terrienne, sous des platanes toujours verts, Taureau blanc projeté dans le Zodiaque, pas seulement saut de cabri ! Cette Europe-là respire humainement du côté des étoiles, elle ne les compte pas.

Plus que la géographie le concept ici le plus fondamental est celui de "traduction ", donc de la mobilité des signes : Etienne Dolet en I540 dans sa Manière de bien traduire, (3) nous rappelle les 5 Règles conciliant les qualités de rigueur et de goût, qui doivent présider à la traduction, et sa cinquième règle fait apparaître en filigrane un peu Macault, et, définitivement, l’Amyot de I572 :

" C’est asscavoir une liaison & assemblement des dictions avec telle doulceur, que non seulement l’ame s’en contente, mais aussi les oreilles en sont toutes ravies, & ne se faschent iamais d’une telle harmonie de langage."

Notre chantier baigne dans les traductions : Macault traduit en français le latin des Apophthegmes d’Erasme, qui avait traduit le grec de Plutarque. Amyot traduit, en français, la masse du grec de Plutarque. L’infatigable Belleforest traduit Les Récréations de l’italien Guicciardin Luis, les Histoires tragiques de l’ italien Bandello. Bouaystuau, surnommé Launay, traduit aussi Bandello, mais plus curieusement, il nous propose en français un Théâtre du Monde et un Chelydonius Tigurinus (4) qu’il prétend avoir traduit de son latin, qu’il n’a, semble-t-il, jamais écrit. C’est dire qu’il veut accroitre la crédibilité de son travail en français par le préalable du latin, seule langue digne des savants. A cette époque des Premiers combats pour la langue française, (5) la victoire des langues vulgaires n’est point acquise, et même si Budé, pour s’attirer ses faveurs, avait offert à François I, en français et sous forme manuscrite, dans les années I520, une traduction des Apophthegmes qui - et ce n’est pas rien - donneront lieu après la mort du savant à l’Institution du Prince, le même Budé s’est exclusivement cantonné ensuite dans le grec et le latin. (6) Louis Delaruelle ose donc écrire, en I907 : " Il semble que le français soit incapable encore de porter la pensée et d’être employée comme langue littéraire... Le triomphe de l’humanisme eût été la mort de l’esprit français ". Le Lycosthenes et son scripteur se situent dans ce maelsltröm indécis, où la langue latine retransmet les anciennes cultures, grecques et romaines : mais ce tout puissant humanisme latin, malgré les apparences, en assurant cette ultime et féconde fonction, déjà se désagrége, faisant place à des surgeons.

Fragiles surgeons... C’est bien comme tels qu’il faut interpréter ces lignes en français qui courent sur les marges de 2 centimètres du Lycosthenes.

Plus de 6500 notes en français avec références chiffrées jalonnent, d’une écriture microscopique, les 6431 apophtegmes, que balisent plus de 800 entrées alphabétiques thématiques, depuis le A du De Abstinentia au Z de la Zelotypia, le scripteur et Lycosthenes prônant, à la lettre A, l’intérêt de l’abstinence contre la maladie, et tous deux, à la lettre Z, s’intéressant, aux conditions d’un bon mariage, à savoir un mari sourd et une femme aveugle. Les montaigniens s’y retrouveront : c’est d’ailleurs la seule occurrence de l’adjectif sourd dans les Essais. (871 B).

Notes en français, chantier français : Montaigne, lui, nous précise :

... car quelque langue que parlent mes livres, je leur parle en la mienne", (418 A )

s’entend le français. Le français et non le latin. Le français et non le gascon. Le sourcilleux Pasquier, aux Estats de Blois, en 1588, ( 7) reproche à l’auteur des Essais d’avoir habillé le mot jouir à l’ usaige de gascongne et non de nostre langue Françoise , et, implacable, de citer 5 références :

Ny la santé que je jouye... l’amitié est jouye etc...

Mais qui donc a écrit :

Ceulx-ci ambrassent la gloire et prennent plaisir à la iouir...

l’ame... a souvenance (des)... voluptez qu’elle a iouyes...

l’accord du participe passé exclut toute coquille. L’auteur de ces "gasconismes " n’est autre qu’Amyot dans ses Oeuvres morales, livre de chevet de Montaigne (8) et de notre scripteur. Sauf inadvertance de ma part, il aura fallu attendre 1992 et les lectures que m’impose notre scripteur, qui est aussi lecteur, et pas n’importe lequel, pour rendre cette justice à Montaigne : l’auteur des Essais, n’en déplaise à Pasquier, est impeccablement françois, comme notre annotateur.

Rappelons que la masse des références (9) renvoie à Plutarque, plus précisément à Macault - I654 références - valet de chambre de François I, qui traduisit les Apophthegmes d’Erasme en français. L’édition utilisée correspond à celle de I545. Mais dès qu’il dispose d’Amyot, le scripteur, cette fois, ne se contente pas, comme pour Macault, de relever la référence, il opère près de I700 renvois, reprenant les mots mêmes d’Amyot, parfois les résumant, souvent les détournant. Il convient ici de distinguer deux phases dans ce chantier français :

Puisque Macault, " gentil traduisant", pour reprendre les mots de son ami Marot, traduit les Apophthegmes d’Erasme, compendium pratique, que reprend et amplifie Lycosthenes, il est relativement facile de les repérer, pour en sonder la qualité : Zangroniz a mis en évidence la focalisation de Montaigne sur Plutarque et plus précisément sur les Apophthegmes. (I0) Plutarque, c’est notre homme, s’entend, l’homme de Montaigne, depuis qu’il est françois , précise-t-il .(Essais 413 A). Et tous, en choeur, pensons, depuis Amyot : c’est oublier que parfois, il faut prendre Montaigne au pied de la lettre ! C’est oublier Budé, c’est oublier tous les traducteurs comme Macault qui préfigurent Amyot, et que Messieurs R. Aulotte et J.C. Margolin, (11) avec d’autres, nous ont révélés dans leurs savantes explorations. Tentés par les raccourcis et faisant l’impasse sur la nécessaire érudition, nous éliminerions aisément toutes les prégnances : le scripteur dans une période théorique de 1560 à 1572, date de la publication des Oeuvres morales d’Amyot se plaît à feuilleter son Macault, et à en poser les références sous les apophthegmes du Lycosthenes, dont beaucoup en sont la réplique en latin... Il y a ici plus de I0 ans de lecture comparative possible, avant l’éblouissement et la séduction définitive par Amyot. Nous trouverons, semble-t- il, peu de traces du Macault dans les Essais : cela n’ôte rien à son intérêt ; mieux, cela rendrait compte d’une durée et d’un parcours souterrain, contemporain de l’imposante traduction de Sebond, (12) avant la vive résurgence des Essais. Le Lycosthenes, un chantier, pas encore un voilier.

Dès qu’il dispose des Oeuvres Morales traduites par Amyot, vaste ouvrage, qui se prête aux larges navigations, le scripteur, usant des entrées fort pratiques de son Lycosthenes, va, cette fois, envahir les marges pour porter non plus seulement des chiffres, mais aussi les mots et les phrases d’Amyot. Il semble que l’activité, dès lors, change de nature : il ne s’agit plus de strictes références, mais d’un labeur hybride, puisque tantôt nous avons l’impression que l’entrée du Lycosthenes pilote le relevé opéré dans Amyot ( ou ailleurs ), et tantôt c’est une trace d’Amyot ou une réflexion dérivée d’Amyot ( ou d’ailleurs ) qui s’impose, parfois à contre-sens, dans l’entrée du Lycosthenes. Traces laconiques ou reprises explicites, tout indique, avec certes un souci référentiel, une lecture vagabonde et pourtant polaire, au sens magnétique du terme, une liberté extraordinaire et une pertinence dans le balayage permanent du champ humain. Ce lecteur est une toupie au rythme nonchalant.

A deux reprises, dans les entrées De Astrologia lyc.93) et De disputationibus aut quaestionibus supervacaneis, (lyc.252) il écrit, d’après Valère- Maxime :

Socrates quitte ceste science naturelle comme inutile pour sapliquer a la morale Val. max 128 p 2 inf...

Socrates quitte la philosophie naturelle comme inutile pour sadonner a la morale plus fructueuse Val max. 128 p 2 inf.

Tel est son centre de gravité. Se méfiant (lyc. 63) de la philautia - l’amour de soi - sur laquelle il s’attarde avec Lycosthenes, (13) il observe (lyc.163) de cognitione sui :

qu’ il se faut bien cognoistre soy mesme pour se bien gouverner et conduire

mais en étant, précise-til, iudex ipse sui qui est plus de soy iuger que de se cognoistre seulement

s’identifiant ici à l’auteur des Essais qui,

non seulement ordonne à son âme (14),

mais encore

ne s’espargne pas d’une interne jurisdiction ( 930 C) :

J’ay , dit-il, mes loix et ma court pour juger de moy... (807 B)

Notre subtil scripteur est un juriste : il se réfère au Cahier des Estats, mais surtout aux Ordonnances royales. Il ne méconnaît pas le poëte La Gessée, un Gascon, de la mouvance des " Politiques ". (15) Il est certainement croyant, (16) mais pas toujours très catholique : il se réfère à St Paul, mais, comme Montaigne, pour nous dire qu’il souhaitait la mort, à St Pierre, pour nous inciter à être " modesti" et " unanimes ", au Pater - comme prière privilégiée, sinon exclusive ! Il nous recommande (lyc.236) De Deo, de ne pas " rechercher la cause des effets de Dieu " et il a l’art de prendre chez Amyot des réflexions comme celle-ci qui, à défaut de le combler, ne gênera pas trop le libre-penseur (lyc.929) De ratione : " cest une mesme chose suivre dieu et obeir a la raison qui est une guide divine " ; il nous rappelle - lyc.890 - qu’" il faut prier Dieu en mettant la main à l’oeuvre " et il se renvoie au passage d’Amyot que Montaigne reprend (624 B), sans que la source ait été détectée, semble-t-il, par les spécialistes. (17) Il prélève ce membre de phrase : " punir et tourmenter est office de diable et de furie moralia 185 "... Amyot avait écrit (édit. de 1572, 59 D) : " car punir et tourmenter est office de diable et de furie, non pas acte celeste ne divin. " Quant à Montaigne (18) dont on sait qu’ à la suite de Vives, il est un des très rares à avoir pris position contre la torture et contre tout ce qui va au-delà de la mort simple, il écrira retrouvant l’expression même d’Amyot, dans un contexte, où il s’en prend aux violences des querelles religieuses (IO43 C) : " appellant à son ayde les diables et les furies, il puisse apporter secours à la sacro-saincte douceur et justice de la parole divine. " Mais - chose plus étonnante - notre scripteur disposait logiquement de deux entrées - de crudelitate et de tormentis et quaestionibus - pour porter sa référence, mais c’est bien dans l’entrée de poena malis infligenda (lyc.876) qu’il se reporte : il oriente donc nettement, par le Lycosthenes, la réflexion d’Amyot dans le champ judiciaire, se contentant dans l’entrée de questionibus et tormentis de reprendre avec Erasme et Jacques Yver un ironique in vino veritas. Détournement flagrant et jugement exceptionnel : même des hommes comme Bodin justifient l’ordonnance de Villers-Cotterêts sur la " question. "

Dans un autre registre notre scripteur - rencontrant la seule occurrence de ce mot dans les Essais 824 B nous dira qu’ à table il n’y a pas de plaisir sans "confabulation." Un autre exemple nous montrera toute l’élasticité de ce rapport Montaigne / Amyot/ ce Lycosthenes. On connaît la répartie de Philotimus Essais 946 B - à qui un patient présentait son " doigt à penser, à qui il reconoissoit au visage et à l’haleine un ulcere aux poulmons : Mon amy, fit-il, ce n’est pas à cette heure le temps de t’amuser à tes ongles. " Le scripteur écrit (lyc.252) dans l’entrée De Disputationibus, aut quaestionibus frivolis, atque inutilibus : " a tels questioneurs frivoles peut on faire la responce que fit le medecin philotimus a un phtisique et pourri dedans le corps moralia 83. "

Le scripteur reprend en français le titre latin, " questioneurs frivoles " : le Lycosthenes a donc une fonction pédagogique et logistique pour un scripteur, lecteur attentif d’Amyot, mais qui se distingue et de l’un et de l’autre en s’ouvrant sur d’autres possibilités, avec, en outre, un souci curieux que traduisent, ça et là, des " melius " et des " formel ". Lycosthenes, déjà, opère une multitude de renvois de thème à thème, de personnage à personnage : ça circule, dirait Lacan ; ça vit, tout simplement . Notre scripteur, en mouvement, (19) à ces circulations ajoute les siennes ; de ce chantier glisse une fine étrave, avec son piège arrière au maillage de plus en plus subtil. Notre lecteur navigue, (20) pêcheur, puis boucanier. Très attentif, aussi : il écrit à la table le de attentione que l’imprimeur avait oublié.

Nous allons donc (lyc.I039) de tempore et eius jactura,

de reprises textuelles d’Amyot - car " c’est chose mobile que le temps...." ( identique chez Amyot, Montaigne et le scripteur )

à des dérives ou des écarts significatifs :

C’est à 3 ou 4 reprises, de accusatione (lyc. 6), de exprobatione (lyc.328) que le scripteur s’intéresse explicitement à Pelopidas et Epaminondas, accusés devant les leurs. Epaminondas, lui, se défend en attaquant : il "reproche" aux Thébains ses hauts faits. (Essais 8 A) Verbe " reprocher " dans une acception vieillie, reprocher, c’est rapprocher, mettre sous les yeux : la seule occurrence dans ce sens dans les Essais. Ce mot n’est pas dans la référence d’Amyot, dont s’inspirent et Montaigne et le scripteur : or qu’écrit notre scripteur, renouant thématiquement et formellement avec Montaigne : (lyc.327) " on peut rememorer et reprocher quand on est outrage les bons services et beaux faits a ceux qui en sont mesconnaissans moralia 450 . "

Autre exemple : (lyc I089) de vita humana " larmonie de la vie humaine est composee de choses contraires moralia 232 " écrit le scripteur. Amyot porte (édit. de 1572, 74 A B) " l’’harmonie du monde est composee de choses contraires " et Montaigne - clin d’oeil du hasard - (Essais également à la page I089 de l’édition Villey cette fois ! ) " Nostre vie est composee, comme l’armonie du monde, de choses contraires ". Comme Montaigne le scripteur a donc le texte d’Amyot ; comme lui, il le détourne plus nettement qu’Amyot du monde vers la Vie humaine s’entend nostre vie, et pour ceux qui s’attacheront à la distinction entre la vie humaine et nostre vie, on pourra constater dans le L’Angelier p.59 que Montaigne dans un autre passage raye " la vie des homes " au profit de " nostre vie ". On part donc, chez Montaigne aussi, d’un constat général vers notre implication. Lycosthenes + scripteur + Amyot = Montaigne.

Notre scripteur lui aussi "pince des têtes de textes, de quoi faire d’infinis Essais ". Il y a une telle convergence avec Montaigne qu’on a pu me dire : mais votre homme, ce peut être quelqu’un comme Charron qui repère les références de Montaigne. Pas si simple : car notre scripteur qui n’évoque jamais les Essais, relève aussi des références fort montaigniennes, mais que Montaigne ne reprend pas ! Un exemple : entrée lyc. 96 De avaritia : " lavarice qui a este cause de faire mourir infinis hommes sauva la vie a Bepolitan moralia 775. " Amyot nous rappelle que ce jeune homme est condamné à mort par un roi, pour avoir comploté ; mais il est si jeune et si beau que le roi se ravise. Trop tard lui dit on ; l’exécution est en cours. Le roi insiste, et Bepolitan sera sauvé, car le bourreau voulant récupérer sa robe somptueuse, a pris le temps de le deshabiller lentement ! Paradoxe et renversement. Bepolitan n’est pas dans les Essais. En sommes nous si sûrs ?

En résumé, ce scripteur confirme et complète le suivi quasi exhaustif ou qui tend à l’être d ’ Isabelle Konstantinovic, qui a relevé en I988, 751 emprunts à Plutarque - Amyot, surtout les Moralia, dans une bien moindre mesure les Vies (21) : c’est l’occasion de rappeler que l’ Essai I 19 Que personne ne peut être dit heureux avant sa mort, dont le titre avait frappé Villey par sa ressemblance avec celui du Lycosthenes : Ante mortem nemo beatus iudicandus, est constitué presque intégralement des apophtegmes mêmes du Lycosthenes, avec marquages au crayon du scripteur, et l’anecdote de Solon/Crésus, pour laquelle tout le monde se référait à Hérodote, est en fait prise dans la Vie de Solon d’Amyot, comme Isabelle Konstantinovic le corrige aujourd’hui, mais comme notre scripteur le confirme depuis plus de 400 ans .

Cette rapide traversée de ce chantier français nous prépare à d’autres vagabondages, cette fois plus largement européens.

Et d’abord l’ Italie ; plus de I000 références à des auteurs italiens, Guicciardin Luis ( et non Francesco ) , Recreations... (trad. de Belleforest édit. de 1571 ) 502 références ; Bandello, Histoires tragiques (trad. Belleforest-Bouaystuau) 340 références ; Guazzo Civil conversatione 277 références ; Machiavel 18 références, essentiellement Le Prince. L’influence italienne en France et sur l’auteur des Essais renvoie à une bibliothèque, et chacun ici lors de ces évocations fugitives allumera tout un réseau bibliographique ! L’importance de Bandello, pour prendre un exemple, a été réactualisée par Simonin. (22) Quant à Guazzo - Civil conversatione, source capitale des Essais , Montaigne et notre scripteur s’y renvoient aussi bien pour la "conférence ", que pour stigmatiser les pères trop ladres. Machiavel, lui, est au coeur d’un débat avec Gentillet, et l’on ne compte plus les articles sur l’influence de Machiavel que Montaigne lit, sans en faire son livre de chevet. Guicciardin, lui, nous a piégé, parce que, nous fiant à Montaigne qui parle longuement de Francesco Guicciardin, nous avions négligé le fait que Montaigne ne rédigeait - il nous le dit lui-même - ses appréciations, que pour les livres qu’il ne lisait qu’une fois. Or avec plus de 500 références à Guicciardin notre scripteur use littéralement cet ouvrage, au moment où Montaigne, retiré dans le sein des doctes Muses, éprouvé comme notre scripteur (23) par les délires de la solitude, s’avise, comme lui, de les mettre en " rolle ". (33 A) .Villey nous alertait en détectant une réminiscence : " Les princes me font assez de bien quand ils ne me font point de mal ..." (24) et nous renvoyait à Luis Guicciardin, dans Les Heures de récréation : Notre scripteur, lui, écrit lyc.670 : " le meschant pense faire grand bien a celuy a qui il ne fait pas de mal Guicc. 35 " et Belleforest traduisant Guicciardin dans sa page 35 : " Aucuns sont si tyrans naturellement qu’ilz pensent faire grand faveur à ceux à qui ils ne nuisent point." Scripteur et Montaigne se démarquent du verbe " nuisent " et du mot " faveur " de Belleforest . Quant à la répartie de ce philosophe faisant l’amour en public - Essais 584 A, anecdote courante selon P. Michel, mais dont à ma connaissance aucune édition ne mentionne une source précise, elle est à la page 13 de Guicciardin Luis, à laquelle notre scripteur se renvoie, après un long passage sur Hipparchia : "... & le meilleur fut que comme on luy demandast qu’est ce qu’il faisoit, il respondit ie plante un homme ". Et Montaigne : " On demandoit à un philosophe qu’on surprit à mesme, ce qu’il faisoit, il respondit " Je plante un homme ". Même style direct, même mouvement et même expression, chez Belleforest et chez Montaigne.

Italie encore avec Polydorus Vergilius, evêque d’Urbino, auteur du De inventoribus rerum, et dont nous rencontrons 11 fois la référence. (25) Cet auteur, selon Villey, est représentatif des méthodes d’amplification de la matière par le pour et le contre. Le De rerum inventoribus livre I ch 4 est l’une des principales sources des auteurs suivants qui se répètent les uns les autres... Fulgosius, Messie, Du Verdier... Bouaystuau... Jean des Caurres... Droit de Gaillard, sur la relativité des coutumes. Erasme qui " défend avec ténacité la priorité et l’originalité de son entreprise " des Adages, accepte d’en partager l’honneur avec Polydore Virgile..." (26)

Enfin signalons que dans l’entrée De adulterio à lyc.17 il est question du roi Alexandre, auprès de qui, le soir, l’on conduit une jeune femme : elle s’excuse de son retard, car elle devait s’assurer du coucher de son mari. Colère d’Alexandre qui a failli commettre un adultère !... Le scripteur, d’une superbe et ample écriture, porte sur la marge mos Italicus, pour rappeler, comme le commentaire de l’apophtegme, qu’en Italie mari et femme couchent séparémént, celle-ci ne venant qu’à la demande. (27)

L’ Allemagne et la Suisse, on l’a vu, sont déjà fort bien représentées par notre Wolffhardt et la filière érasmienne, par la préface de Kirchmaier, alias Naogeorgus, un protestant si impétueux qu’il en inquiétait ceux de sa religion ! Mais le scripteur se réfère aussi une vingtaine de fois à Agrippa, probablement le De incertitudine et vanitate scientiarum et artium atque excellentia verbi dei declamatio. Il s’agit de Cornelius Agrippa de Nettensheim. Son autre oeuvre De occulta philosophia, sera d’ailleurs publiée par notre Jacques Dupuis en 1567. Agrippa, personnage curieux, né à Cologne, inspire, comme le rappelle Villey, (28) bien des passages de Montaigne, notamment les diatribes contre les médecins, comme Essais 768 A : " Et Adrian l’Empereur crioit sans cesse, en mourant, que la presse des medecins l’avoit tué ". Réflexion déjà relevée par Lycosthenes - entrée De medicina contempta - le scripteur s’y renvoyant à Agrippa 433. La préface du De incertitudine... est une sorte de pamphlet délirant contre la présomption des savants et philosophes. Mais notre scripteur prélève, là encore, ce qui lui convient, par exemple, lyc.35 De ambigue dictis : " lerreur qui se commet ez parolles a raison de leur ambiguite en engendre un autre (29) ez choses mesmes Agrippa 22 ", voilà qui pour l’épistémologue n’a pas vieilli et qui n’est pas si délirant que cela. Montaigne, lui, à sa façon, nous rappellera que toutes nos querelles sont grammairiennes. Nos humanistes patrouillaient de longue date dans le De copia rerum et verborum d’Erasme ! et dans le dire et le faire ! Notre praxis n’ est qu’un dire qui a bien des ancêtres !

Un autre Allemand apparaît, une seule fois, à lyc.876 - entrée De poena malis infligenda - Misingere fol xi infra.Il me faudra de l’obstination pour valider mon décryptage et l’érudition de Monsieur Ourliac, ancien Doyen de la faculté de droit de Toulouse, pour identifier Mynsinger ( von Frundeck) - I517 - I588 - porté dans la liste des commentateurs allemands des arrêts de la Chambre Imperiale germanique. Je le retrouve aussi dans le Despeisses (recueil de droit) de 1654 p.611. Cette piste singulière confirme que notre scripteur est un homme de droit, et ce par le biais d’un ouvrage, qui se situe dans les grands enjeux européens, comme la substitution progressive du droit romain au droit coutumier, avec en toile de fond, pour l’Allemagne, la guerre des paysans et la Réforme de Luther. La plupart des ouvrages de Montaigne ayant disparu, Villey se contentera de noter : il est certain que sa bibliothèque - il fut magistrat pendant seize ans - devait compter de nombreux ouvrages juridiques (30) .

Voguons à présent vers l’Angleterre. Nous avons déjà proposé, dans les articles précédents, l’énigme de l’entrée du lyc.290, portant laconiquement ces lettres manuscrites c. de E. - que nous avons interprétées comme le Corps d’ Edouard, puisque Montaigne l’évoque, le corps d’Edouard, en traduisant littéralement le titre même du Lycosthenes, à savoir :

de ducis praesentia quae multum confert ad victoriam. ( Essais I8 A )

En outre, à lyc.730 de morte contemnenda le scripteur se renvoie à Guicc.43, en écrivant d’un chancelier d’Angleterre. Effectivement Guicciardin évoque la fin de Thomas More : on le supplie de se raviser, le roi l’épargnera si... Il promet. On se rassure. Le lendemain, il précise son ravisement : au lieu, comme prévu, de se raser, il a décidé de mourir avec sa barbe. Ironie et gaillardise devant la mort, voilà ce qui intéresse le scripteur. Geralde Nakam (31) s’est étonnée de l’absence de Thomas More dans les Essais. Si la personne est absente, le thème et le ton sans doute pas...

Mais nous venons d’élucider une référence insolite et unique, dans l’entrée de mortuis non laedendis, au bas d’un apophtegme de Philostrate : après la mort de Gymnis, le sophiste Aelien se met à écrire avec feu une accusation contre ce tyran ; Philostrate ironiquement : " Je te feliciterais si tu t’en étais pris à lui de son vivant ! Cela eût été digne d’un homme courageux, mais déchirer un défunt, c’est à la portée du premier venu. ! " Sous l’apophthegme le scripteur porte : triomph. de Ies. 34 p 2 in pr. Il s’agit certainement du Triomphe de Jesus Comedie Apocalyptique, traduite du latin de Iean Foxus Anglois, en rithme Françoise, & augmentée d’un petit discours de la maladie de la Messe par Iaques Bienvenu citoyen de Genève, A Geneve par Iean Bonnefoy, pour Iaques Bienvenu M D L X II. Cette pièce - signalée par Enea Balmas ( Renaissance II ) est si rare qu’elle n’a pas été connue de Sénebier, nous dit Michaud. J’ai pu obtenir copie du British Museum, dont je salue la courtoisie. Avec ce pamphlet anti-papal en français, qui plus est en rithme française, tiré du latin de l’Anglais Fox, notre chantier ne peut être plus européen. Mais l’ouvrage n’étant pas paginé il a fallu repérer dans les pages correspondant, au folio 34, ce qui pouvait justifier ce renvoi : pas question de Philostrate, ni de sa répartie. Heureusement la précision du scripteur " in pr " - début de page - resserrait le cadrage ; on y lit :

On ne voit pas tousiours triste ou ioyeux

Un personnage, ains selon la matiere

On voit souvent qu’il change de maniere.

On ne cherche donc pas à stocker la belle répartie d’un grand personnage : tout en appréciant l’ironie de Philostrate, notre lecteur avisé constate simplement les variations humaines en fonction des circonstances. Ici encore Montaigne n’est pas loin.

L’Espagne, enfin : et qui mieux est, Séville, qui éclate en I992 dans les fastes de l’ Exposition. Séville où se publie en 1549, un ouvrage important. Montaigne porte sa signature sur un exemplaire de cette édition avec ces mots Libre espagnol. (32) Cet ouvrage, au XIX ième siècle, se trouvait dans une bibliothèque madrilène ; mais sa réplique est chez nous à la Mazzarine, ce qui m’a permis d’opérer un contrôle, car notre scripteur, sans être passionné par Amadis, s’y réfère une seule fois. Il s’agit de l’Amadis des Gaules qui fait fureur chez nous surtout en traductions, que Montaigne, dans un ajout de I588, intègre dans une liste de livres qu’il ne paraît pas apprécier, mais dont il dispose. (Essais 175 B, 410 A, 857 B) C’est dans l’entrée de lyc.de fiducia potestatis p.360 que le scripteur porte " cest folie de se fier en ses forces ", et il se réfère à Bandello, puis à un apophtegme précedent qui nous dit : " Elephas grandis est, & occiditur... Cave multos, si singulos non times. Qui ab uno non potest occidi, a multis occiditur. " et la séquence s’achève, par facit Amadis 57. La page 57 de l’Amadis de la Mazzarine est bien la réponse et le démenti à tout ce qui précède : Amadis, par sa vaillance, avec une poignée de soldats, extermine des géants, puis écrase une armée immense, dont on ne peut même plus compter les blessés et les morts. ( 33) Amadis, victorieux de la puissance et du nombre ! Notre scripteur s’intéresse là encore aux variations de la chose militaire, la puissance et le nombre pouvant être et ne pas être déterminants . Mais surtout il semble bien disposer de l’édition sévillane de Montaigne, bien plus rare que les traductions qui fleurissent alors en France, mais qui, semble-t-il, n’intéressent ni Montaigne, ni notre scripteur. Voici donc que sur une référence infinitésimale, une sur plus de 6500, nous sommes concrétement ramenés à l’auteur des Essais.

Ce chantier est bel et bien européen, mais Montaigne, objectera-t-on, il nous le dit, n’a pas de " gardoire." (136 C) . Et puis, tout le monde, alors, lit Amyot. Et puis Bodin recommandait de constituer, méthodiquement, des cahiers de cette façon. Certes. Mais "la façon", ici, n’est pas d’un tâcheron : pour en sonder la richesse et la subtilité, il nous a fallu, tout à la fois, Coste, Villey, Zangroniz, Friedrich, il nous faut la Pleiade des Amis de Montaigne (34) ; il nous faut, surtout, Montaigne. Ces notes ne constituent pas une réserve de sentences - pas plus que les Essais ! - ni une banque inerte de données. Ce chantier serait bien plutôt un logiciel singulier et non reproductible : mieux, et plus simplement, il y faut ce " suffisant lecteur ", et attentif, tel que nous l’a révélé, en s’aidant de Montaigne, Monsieur Guy Demerson, dans son Montaigne, stratégie de la " Librairie." Mais les Essais, dira-t-on, sont une peinture du moi, ce chantier n’a rien d’introspectif. En effet, ces notes ne ressortissent pas à une écriture intimiste et déployée : mais, en contre-champ, ces repères précis, trahissent un profil, et, par touches nettes et successives, nous tracent un portrait, autrement, sinon mieux que des épanchements. Dis-moi donc qui tu lis, et comment, et pourquoi, et je te dirai quel tu es. Mesdames et Messieurs, à quand le qui ?...

Etienne Ithurria

Université Toulouse Mirail

NOTES

nb les références renvoient aux Essais édit. Villey- Saulnier PUF I965.

Nb Mr Roger Klotz me signale que Lycosthenes, alias Wolffhardt - " vigueur du loup " - porte la même appellation que la mère Juive de Montaigne, de Louppes - Lopez ( dict. des noms Juifs de Lévy) : le loup, tribu de Benjamin. Pour simple information.

1. Voir in Littératures n° 19 , automne I988, Université Toulouse le Mirail Montaigne serait-il l’annotateur du Lycosthenes ?, RHR n° 19 , déc. I988 ; revue Europe Janvier - Février I990 ; Le Festin, revue d’Art en Aquitaine, automne I990 n° 4. Mais de nombreuses coquilles : on m’y prénomme Michel, au lieu d’ Etienne ( est-ce un coup de La Boëtie ? ) et on y plonge Plutarque au 5 ième siècle avant J-C, autant dire à Salamine ! Le copieux ajout correctif doit donc être joint impérativement à l’article.

Voir pour l’ hyper-texte : High-Dec n° I8 janvier I991, revue de Digital, et Levy Pierre Les technologies de l’intelligence, La Découverte I990 : " Les grands imprimeurs du XVI siècle étaient à la fois des lettrés, des humanistes et des techniciens, et les explorateurs d’un nouveau mode d’organisation du savoir et des échanges intellectuels. Il faut imaginer que nous abordons à l’égard des nouvelles technologies de l’intelligence, une époque comparable à celle de la Renaissance ".

Pour le débat sur la nature des notes cf Friedrich Hugo, Montaigne, Gallimard I968 ; André Tournon La Glose et l’ Essai, Presses universitaires de Lyon, 1983 et Goyet Francis, Ces pastissages de lieux communs, Bsam juillet-décembre. I986 et janvier-juillet I987. Demerson Guy, Montaigne, stratégie de la " Librairie, Actes du Colloque, Le lecteur et la lecture dans l’oeuvre, Clermont-Ferrand, fasc. n° I5, I982.

2. Villey Pierre, Les sources et l ’évolution des Essais, Hachette I908.

3. Cary Edmond, Les grands traducteurs français, collectif, Georg, Genève I963.

4. Bien repérés par Villey comme sources des Essais. op. cit.

5. Longeon Claude, Premiers combats pour la langue française,collect. poche n° 6661, I989.

6. Delaruelle Louis, Guillaume Budé, les origines, les débuts, les idées maîtresses, Paris Honoré Champion, I907.

7. Pierre Villey édit. Essais op. cit. p.I208.

8. Amyot Jacques 139 G, 284 G, Les oeuvres morales et meslees de Plutarque : nous nous référons, comme Isabelle Konstantinovic, dans son Montaigne et Plutarque, Droz, Genève, I989, à l’édition de Michel de Vascosan, I572. Notre scripteur dispose d’une édition au format différent, plus réduit, et donc plus pratique.

9. Après décryptage et un premier parcours donnant plus de I000 impacts avec les Essais, un travail plus approfondi nous conduit, après la constitution d’un CD-ROM, chez Digital, (automne I992) à plus de 4000 pages de notes et observations de tous ordres, sans tenir compte des sources non élucidées. Appui décisif de la Fondation du Crédit Lyonnais.

10. Zangroniz ( Joseph de ) Montaigne, Amyot, et Saliat, Paris, Champion, I906.

11. Aulotte Robert, Amyot et Plutarque, la tradition des Moralia au XVI ième siècle, Droz, I965. Margolin Jean-Claude, L’écrivain face à son public en France et en Italie à la Renaissance, Actes du Colloque International deTours (4-6 Décembre I986).

I2. Blum Claude : rééd. en cours. : les travaux comparatifs seront affinés.

13. Mesnard Jean, Sur le terme et la notion de" philautie", Mélanges à la mémoire de V. L. Saulnier, Droz, I984. Ce volume est pour nous une mine.

14. Essais II0 B cf André Tournon, J’ordonne à mon âme, L’Information littéraire, mars-avril I986. Le scripteur prélève le " iudex ipse sui " dans le Virgile apocryphe de viro bono. dont il lit le commentaire. (éd. xvi.s.)

15. Nakam Geralde, Histoire mémorable du Siège de Sancerre (I573) de Jean de Léry. cf les pages 58, 59, 65. cf revue Action poétique n° I06 p.8.

16. Céard Jean - Montaigne et l’ Ecclésiaste, Bibl. Humanisme et Renaissance, t. xxxiii, I971. Pistes éclairant les références " evangil. " du scripteur.

17. Essais 624 B : " Le marinier antien disoit ainsin à Neptune en une grande tempeste : O Dieu, tu me sauveras, si tu veux ; tu me perderas, si tu veux : mais si tiendrai je tousjours mon timon. " Lyc.89I - de precatione...hominis ad Deum - Amyot édit. 1572, 122 E F.

18. Villey Pierre,Les sources... 2 ième partie p.354... 356.

19. Pour reprendre l’expression de Jean Starobinski, Montaigne en mouvement, nrf, Gallimard, I982.

20. Demerson Guy, Montaigne : Stratégie de la " librairie " cf note 1.

21. Le scripteur porte 167 reférences aux Vies ( trad. par Amyot en I559 ).

22 Simonin Michel in Montaigne Lectures italiennes de Montaigne : quelques pistes nouvelles in Montaigne e l’ Italia, Atti del congresso internazionale di studi di Milano - Lecco 26-30 ottobre I988, Slatkine Genève I991. Voir aussi Matteo Bandello, Chroniques italiennes en Agenais, in Le Festin, n° 5, I991.

23. Lyc.795 De ocio " le non-semployer aux affaires et loysivete est ce qui met lhomme en mesaise et travail desprit moralia 216." écrit le scripteur.

24. Edit. Municipale de Bordeaux, tome 4 p. XXXVIII.

25. cf Villey P. op. citat. Sources II p. I75, 189, I90.

26. Berchtold Alfred, Bâle et l’Europe, Payot, Lausanne, 1990, t. I p.271.

27. Ne pas exclure une connotation ironique en référence au " mos Italicus" du droit.

28. Voir aussi Simonin M. op. cit., Lectures italiennes p.126.

29. genre normal au XVI ième s.

30. op. cit. I p.245 (note)

31. Nakam Geralde, Montaigne et son temps, Les Essais de Montaigne, miroir et procès de son temps, Paris, Nizet I982 et I984.

32. Baret Eugène De l’Amadis de Gaule et de son influence,Paris A. Durand, I853. Guillerm Luce : Sujet de l’ écriture et traduction autour de I540 ( sur l’Amadis ), Diffusion aux Amateurs de Livres, Paris, I988. On y retrouve Macault, Belleforest, et le débat de la traducion est solidement réactualisé cf p. 75 note 31, p.76 note 37, p.85, p.98, p.320... cf fasc. que nous avons pu acquérir, signalé par Villey - op. cit. Sources - I note p.19 :Revue des Bibliophiles : " Un nouveau volume ayant appartenu à Montaigne, I880 p.I8. Article signalé par M. Bonnefon. " : Don Silves de la Selva... Amadis de Gaula..."

33. " ...llegaron a donde los Gigantes peleavan... quedando tantos muertos que no llevavan numero..."

34. Garavini Fausta, Mostri e Chimere, Il Mulino, Ricerca, I99I ,p. 31 et 32 : " Solo un’interpretazione attenta, dinamica e intelligente delle glosse del Lycosthenes ne riconoscerà il senso, ripercorrendo gli itinerari seguiti da Montaigne sull’ incerta frontiera fra il paese della lettura e quello della scrittura, ricostruendo le sottili operazioni alchemiche che convertono il metallo vile delle note nell’aureo processo della creazione. Solo allora si potrà misurare appieno l’enorme importanza di questa scoperta."

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Forum de l’article ©Etienne Ithurria

PS Observation du 29 novembre 2005 :

ne pas exclure que le triomphe de Jesus puisse être un ouvrage de Pierre Crespet, lequel pourrait aussi rendre compte des références du scripteur pom de gren (pomme de grenade ?). Piste en cours d’exploration... Merci pour toute collaboration éventuelle.

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